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Le Contre-Rapport · Côte d'Ivoire, Bénin, Togo

Sécuriser le Nord face au Sahel : ce que révèle le dernier renfort de la Banque mondiale à la Côte d'Ivoire

Un document de la Banque mondiale daté de mai 2026 accorde à la Côte d'Ivoire son premier renfort financier pour sécuriser et développer ses régions du Nord, menacées par le débordement du conflit du Sahel. La Côte d'Ivoire, pourtant le plus gros bénéficiaire du projet, reçoit cette aide après le Bénin et le Togo, et la fin du programme est repoussée de dix-huit mois.

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Première page du document source. © Document source

Un document technique de la Banque mondiale, public mais rarement lu, éclaire la façon dont s'organise la protection des régions du Nord de la Côte d'Ivoire face au débordement du conflit du Sahel. Le pays, premier bénéficiaire du programme, reçoit seulement maintenant son premier renfort financier, et la fin du projet est repoussée de dix-huit mois.

Un bouclier financier pour les régions du Nord

Depuis 2022, la Banque mondiale finance un programme régional discret mais stratégique : le Projet de cohésion sociale des régions du Nord du Golfe de Guinée, connu sous le sigle COSO. Son but, selon le document de projet, est de « renforcer la collaboration régionale et la résilience socioéconomique et climatique des communautés des zones frontalières » du Bénin, de la Côte d'Ivoire, du Ghana et du Togo, « exposées aux conflits et aux risques climatiques ». Autrement dit : éviter que l'insécurité qui ravage le Sahel ne se propage vers les pays côtiers.

La Côte d'Ivoire est le pays qui a reçu le plus gros financement de départ. Le projet y est entré en vigueur le 2 août 2022, pour un financement initial de 150 millions de dollars p.16, contre 90 millions pour le Bénin et 60 millions pour le Togo p.16.

Un premier renfort qui arrive après les voisins

En mai 2026, la Banque mondiale soumet à son conseil d'administration un troisième financement additionnel de 163 millions de dollars pour l'ensemble du programme p.16. La Côte d'Ivoire en reçoit 30 millions, le Bénin 64 millions et le Togo 69 millions p.16.

Un détail retient l'attention. Pour la Côte d'Ivoire, le document précise qu'il s'agit du « premier financement additionnel » p.16. Le Bénin et le Togo, eux, en avaient déjà reçu un : 28 millions de dollars pour le Bénin, en vigueur depuis septembre 2025, et 23 millions pour le Togo, depuis octobre 2024 p.16. Le plus gros bénéficiaire initial est donc, cette fois, le dernier servi en renfort.

Un décaissement plus lent qu'ailleurs

Les chiffres d'exécution expliquent en partie ce décalage. Au 5 mai 2026, le taux de décaissement de la Côte d'Ivoire « a atteint 68 % au total » p.20. Sur le financement initial, le Togo est à 89 % et le Bénin à 82 % p.20. La Côte d'Ivoire décaisse donc son enveloppe plus lentement que ses deux voisins.

La Banque mondiale note globalement des résultats « satisfaisants » dans les trois pays, avec des progrès réels sur le terrain. Mais elle juge la passation des marchés seulement « moyennement satisfaisante » en Côte d'Ivoire et au Bénin, alors qu'elle est « satisfaisante » au Togo p.20.

Dix-huit mois de retard

Ce troisième financement s'accompagne d'une restructuration du projet. La Banque mondiale décide de « reporter la date de fin du projet du 31 décembre 2027 au 31 mai 2029 » p.16, soit dix-huit mois de plus. Elle en profite pour « changer l'agence d'exécution au Togo », remplacée par le ministère des Finances p.16.

Les questions que nous posons

  • Pourquoi la Côte d'Ivoire, premier bénéficiaire du projet, obtient-elle son premier financement additionnel après le Bénin et le Togo ?
  • Qu'est-ce qui explique le report de dix-huit mois de la fin du projet ?
  • Combien d'habitants des régions du Nord ivoirien ont concrètement bénéficié du projet à ce jour ?

Ce que disent les documents

  • 163 millions de dollars de nouveaux crédits pour le programme régional, dont 30 millions pour la Côte d'Ivoire p.16 ;
  • un décaissement ivoirien de 68 %, contre 89 % au Togo et 82 % au Bénin p.20 ;
  • premier financement additionnel pour la Côte d'Ivoire, après le Bénin et le Togo p.16 ;
  • fin du projet repoussée de dix-huit mois, à mai 2029 p.16.
La preuve

Le document

Benin, Cote d’Ivoire, Togo - The Gulf of Guinea Northern Regions Social Cohesion Project : Additional Financing

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Empreinte SHA-256 de l'original : 7dd38a12fb86685280ca6e11ca9ebae8fff8830d9fd5961cfebb1e01c66ef3e3. Si le fichier en ligne est modifié ou retiré, cette copie fait foi.

  1. Chiffre clé · p.16163 M$a third Additional Financing (AF) in the amount of US$163.0 million
  2. Chiffre clé · p.2068 %For Côte d’Ivoire, the disbursement rate has reached 68 percent overall
  3. Chiffre clé · p.16150 M$in Côte d’Ivoire on August 2, 2022, for an initial financing of US$150.0 million
  4. Chiffre clé · p.1631/05/2029extend the closing date of the project from December 31, 2027 to May 31, 2029
  5. Zone d'ombre · p.16autreThis is the first AF for Côte d’Ivoire
  6. Zone d'ombre · p.16duree anormaleextend the closing date of the project from December 31, 2027 to May 31, 2029
  7. Zone d'ombre · p.16autrechange the implementing agency in Togo

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